ÉNERGIES RENOUVELABLES : LES COOPÉRATIVES RELÈVENT LE DÉFI

Les coopératives, outils économiques au service des agriculteurs aquitains, s’engagent sur tous les fronts : sur les nouveaux marchés des énergies renouvelables et auprès de leurs adhérents pour conforter leur compétitivité.

Raréfaction des énergies fossiles, changements climatiques, conséquences du Grenelle de l’Environnement, volonté de renforcer la compétitivité de l’agriculture aquitaine, de ses hommes et de ses outils…, la coopération agricole aquitaine a intégré tous ces paramètres.Une directive européenne du 23 janvier 2008 sur les énergies renouvelables confirme qu’à l’horizon 2020, les sources d’énergies renouvelables devront représenter 20% en moyenne du total des énergies utilisées dans l’Union Européenne. Pour la France, ce quota est fixé à 23% (10,3% aujourd’hui). 

Comment approvisionner ces nouvelles demandes, en quantité et en qualité, sous quelle forme et dans le respect des contraintes environnementales ? Autre voie de travail, la diminution des charges des exploitations, par la production autonome d’énergie, par la valorisation des déchets, etc. Les coopératives, outils économiques au service des agriculteurs apportent des réponses concrètes.

Production d’électricité d’origine photovoltaïque, cogénération, méthanisation… tous les process sont à l’étude, de nombreux projets sont en marche. Et l’on valorise tout : coques de noix et noisettes, déchets d’abattoirs, biomasse forestière, cannes de maïs, tiges de tabac… Jusqu’aux toitures !

GROUPE COOPERATIF MAÏSADOUR

Guy Paraillous, directeur développement et diversification :
« NOUS ACCOMPAGNONS L’AGRICULTEUR… »

« Dans le domaine de l’utilisation de l’énergie solaire pour produire de l’électricité, le groupe Maïsadour développe deux projets. Il propose à ses adhérents, éleveurs et autres agriculteurs, de transformer les toitures des bâtiments en centrales photovoltaïques quand leur orientation le permet. L’électricité ainsi produite est rachetée par EDF 58 centimes le KW, ce revenu étant garanti 20 ans.
Élevage service, filiale du groupe Maïsadour, assure la prospection, les explications, se déplace chez les agriculteurs et les met en relation avec INEO Suez
1. Ce spécialiste de l’énergie électrique et des panneaux photovoltaïques prend le relais et effectue les études de rentabilité.
Élevage Service assure également l’ensemble des démarches administratives et de conseil auprès des agriculteurs.
Nous les accompagnons tout au long de leur parcours : jusqu’à la modification du permis de construire, toutes les démarches administratives sont prises en compte. Nous avons même pris soin de discuter avec le Crédit agricole qui a dédié un interlocuteur pour ces agriculteurs.
Des contrats d’agriculteurs sont signés, mais tout le monde prend le temps de bien étudier les projets.

Pour notre propre compte, nous envisageons de mettre en place ce même système de centrale photovoltaïque sur les bâtiments du groupe. Cela va nous permettre de commencer le désamiantage des toitures. Pour cela, nous sommes en cours de création d’une société avec la Caisse des Dépôts et Consignations, notre partenaire dans cette opération. Une étude de tous nos sites a été effectuée pour les classer en fonction de leur rentabilité. Et nous avons lancé un appel d’offres pour les 6 premiers.

Nous sommes aussi partie prenante de la SEM Énerlandes, avec le Conseil général des Landes, la Caisse des dépôts et consignations, le Crédit agricole d’Aquitaine et les chambres consulaires. Cela pour regarder de près tous les programmes de développement durable.

Nous sommes déjà engagés dans le programme Abengoa de production de bioéthanol à base de maïs et dans le projet de cogénération de vapeur et d'électricité à partir de biomasse pour le site de Lacq, porté par BioLacq Energies. Dans ce cadre, nos adhérents pourront valoriser les cannes de maïs.

Enfin, nous nous intéressons au projet BEMA (Bois Éco Matériaux d’Aquitaine)2 qui vise à remplacer les colles chimiques par des colles naturelles à base de pin mais aussi de maïs ».

1 avec qui le groupe a signé un partenariat au printemps

2 Projet du Pôle de Compétitivité « Industries et Pin Maritime du Futur »

SOCAVE

Jean-François Fraysse, directeur :
« LOGIQUES JUSQU’AU BOUT »

• Quel est le projet de la SOCAVE ?
J-F. F : « Nous allons couvrir 5800 m2 de toiture avec des panneaux photovoltaïques pour une puissance installée de 760 kw-crête. Cela représente un investissement complet (désamiantage et couverture compris) de 4,3 millions d’euros. Le temps de retour sur investissement dépendra des aides que nous recevrons.
Les travaux doivent être réalisés impérativement entre la fin novembre 2008 et la fin mars 2008, afin d’être prêts pour la prochaine saison fraise ».

• Pourquoi un tel choix ?
« L’origine de ce projet tient à la nécessité, à terme, de changer et de désamianter une toiture qui date de plus de 30 ans. Dans notre réflexion, nous avons décidé d’aller plus loin qu’un simple remplacement. Dès la fin 2006, nous avons débattu de l’idée de mettre en place une centrale photovoltaïque. Nous avons alors pris contact avec l’ADEME1 et un prédiagnostic a été rendu à l’automne 2007.
C’est un projet qui s’inscrit dans le cadre de l’attention que nous portons à l’environnement pour l’ensemble de nos activités : culture de la fraise, organisation de la station, etc. »

• Où en êtes-vous ?
« Les phases d'études sont pratiquement finalisées et les demandes d’aides ont été adressées à l’ADEME. Nous attendons les propositions d’EDF pour le rachat de l’électricité.
Nous avons recherché et trouvé le maître d’œuvre qui correspondait à nos préoccupations. Nous avons choisi Tenesol, filiale d’EDF et de TOTAL. En effet, leur usine d’élaboration des panneaux photovoltaïques est implantée à Toulouse et les cellules sont fabriquées en Europe. Nous voulions être logiques jusqu’au bout avec notre démarche de développement durable et limiter les transports. Tenesol a fait des efforts et nous, nous avons retenu leur proposition qui offre les meilleures garanties et le meilleur rapport qualité prix. De plus, avec la proximité, nous avons une plus grande sécurité en cas de problème technique ».

1Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie

BIOLACQ ÉNERGIES 

Les  coopératives agricoles et forestières sont concernées 

Le projet Biolacq Énergies, porté par ElyoSuez, s’inscrit dans le second programme CRE (Commission de régulation de l’énergie) dédié à l’augmentation de la production d’électricité à partir d’énergies renouvelables, biomasse d’origine agricole et produits forestiers.

En débat à Forexpo le 13 juin dernier, juste après que la bonne nouvelle de la sélection du projet soit arrivée, Patrick Lalanne, directeur énergie environnement exploitation de la direction régionale Midi Océan de Elyo Suez, a fait le point sur un outil qui doit permettre de livrer une énergie « avec des garanties de performance et de coût ». Déjà, une filiale d’Elyo Suez gère 40 000 tonnes de biomasse par an. Des expériences-pilotes sont à l’ordre du jour : des projets de plantation de bois à très courte rotation, des plantations semi-dédiées, avec la CAFSA (Coopérative Agricole et Forestière Sud Atlantique). « Nous serons amenés à développer ces expériences-pilotes », a annoncé Patrick Lalanne.
« Volontairement », trois types de gisements sont prévus dans un souci de « mix énergétique » pour assurer aux clients (des industriels de Lacq) « un prix stabilisé pour les vingt ans qui viennent » : un tiers de paille de blé, un tiers de cannes de maïs et un tiers de plaquettes forestières (60 000 tonnes seront nécessaires d’ici deux ans).
Le projet mobilise un investissement de 80 millions d’euros, pour la seule construction de l’unité de Lacq.

Pour l’approvisionnement de l’unité en cannes de maïs, la FRCAA a participé à la coordination du projet de préindustrialisation et de mobilisation de la matière première.
Entre septembre 2007 et mars 2008, l’approvisionnement industriel (c’est-à-dire la récolte et le stockage des cannes de maïs) a été expérimenté, afin de valider aux plans technique et économique la capacité de séchage de la matière première, même humide : sous le contrôle d’Arvalis – Institut du végétal. 4 000 tonnes de cannes ont été récoltées et stockées de manière satisfaisante. Cette étude a aussi permis d’évaluer que le potentiel de rendement en cannes exploitables tout en conservant la teneur en matière organique du sol « oscille entre 6 et 10 tonnes de matière sèche, selon les conditions de production ». ARVALIS-Institut du végétal recommande de ne récolter les cannes de maïs d’une même parcelle qu’une année sur trois. « Ainsi, sur une succession de 3 cultures de maïs, seuls 10 à 15% des pailles seront exportés de la parcelle ».

CUMA de Dordogne : pour approvisionner les installations collectives de chauffage au bois
En Dordogne, la Fédération départementale des CUMA accompagne les agriculteurs fournisseurs de plaquettes forestières.

Dans ce département existe un plan Bois Énergie : il s’agit de mettre en place des installations de chauffage collectif au bois, pour les bâtiments accueillant du public. Ce qui suppose le développement d’une filière d’approvisionnement en plaquettes forestières.
Dans le cadre des CUMA de Dordogne, des groupes d’agriculteurs produisent des plaquettes forestières. Ils ont acheté plusieurs déchiqueteuses et destinent leur production à la commercialisation et à leur propre consommation.
Pour les agriculteurs concernés, il s’agit d’un complément de revenu.

Dans le sud du département, la CUMA Agro Énergie 2000 travaille avec deux petites déchiqueteuses à alimentation manuelle. Elle approvisionne ainsi deux maisons de retraite, un réseau de chaleur communal et ses propres adhérents.
La CUMA départementale Environnement Périgord Services dispose d’une machine à alimentation manuelle affectée à un groupe d’agriculteurs : sa production est utilisée pour alimenter un collège et bientôt, pour partie, une maison de retraite. Elle s’est dotée d’une machine à alimentation par grappin avec tracteur et chauffeur ; elle répond aux besoins des agriculteurs pour approvisionner des chauffages collectifs ou particuliers. Elle vient de commander le même équipement, « en plus gros », précise Bertrand Langlois, animateur bois-énergie à la FDCUMA, « pour suivre la demande ». Cette prestation est fournie à des agriculteurs déjà en CUMA, car la tendance n’est pas à la création de nouvelles structures. Et quand la demande est trop importante par rapport à ce qui peut être fourni, le réseau travaille avec la CAFSA, via une SARL.

Contact : Bertrand Langlois. Animateur bois énergie. FDCUMA Dordogne.
Tél. : 05 53 45 47 77.
Courriel :
fedcuma.dordogne@wanadoo.fr

 
Le Plan Climat de la Région Aquitaine - lire l'article

 

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